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STEADYCAMS
ET BRICOLAGES - INTRODUCTION
1.
Historique : la steadycam, une invention révolutionnaire.
Légère
comme la caresse d’une brise, et aussi fluide que la
pluie sur une feuille de nénuphar, ….
Quel passionné d’image n’a pas rêver
au moins une fois dans sa vie d’avoir de telles possibilités
a appliquer à une caméra. Inenvisageable il
y a moins de trente ans (poids des caméras d’époque
oblige !), les années 70 seront le début d’une
ère nouvelle : la venue d’une extraordinaire
invention signe l’apogée fusionnelle entre l’homme
et la machine, « la STEADICAM ». Symbole absolu
de la soumission d’une machine au désir de puissance
de l’homme, l’humanomécanique système
se révèle également dans sa grande douceur.
Puissance ( on peut porter des caméras de plus de 20
Kg … et voir même jusqu'à la caméra
I Max de plus de 40 Kg ), fluidité ( des résultats
images incroyablement stables ), polyvalence ( jamais un système
n’aura été aussi malléable à
des conditions diverses de tournage ), ….sont les piliers
fonctionnels de cet hallucinant système. Jamais une
machine n’aura autant enrichi le 7ème art dans
son langage dynamique et scénaristique. Même
les plus grands se sont vite laissés envoûter
par les chants mélodieux d’une stabilité
reine.
La naissance
d’une incroyable machine :
Quel éclat de
génie a bien pu illuminer l’esprit d’un
Américain un beau jour de l’année 1972
? Dans un premier temps chanteur de Folk, puis technicien
publicitaire, Garrett Brown fonde au début des seventies
sa propre maison de production. Et c’est sur une demande
de film publicitaire nécessitant un travelling sur
deux étages que Garrett Brown met au point un prototype
de machine : le « Brown’s Stabiliser ».
Une sorte de bras de grue horizontal articulé et porté
à la main.
Le système comporte
une visée à fibre optique pour le cadrage. Garrett
Brown peut ainsi mettre en pratique les premier principes
d’équilibre d’une caméra légère
portée. Toutefois un constat devient récurant
: le poids du système, qui, porté à bout
de bras devient un véritable problème. Convaincu
du bien fondé de son idée, Garrett Brown continue
le développement de sa machine. Plusieurs semaines
d’isolement dans un motel plus tard et un bras de lampe
d’architecte comme référence, le font
accoucher d’une idée neuve : un bras articulé
sur ressort. Ce dernier permettra de faire le lien entre un
harnais et un manche équilibré porteur de la
caméra ( qui prend pour l’occasion un positionnement
vertical ). Il fait donc fabriquer deux mois plus tard un
nouveau prototype, par un ami machiniste à la retraite.
Un test en catimini sur un golf et une projection chez Deluxe
( où tout le monde resta ébahi devant des rushes
époustouflant ), lui font signer instantanément
un accord de développement de la machine. Ed Di Giulio
( patron de la firme Cinema Products ) saute ainsi immédiatement
sur l’occasion.
Après un an
de développement, le premier prototype est expérimenté
sur des spots publicitaires. Désormais baptisée
« Steadicam », la nouvelle machine possède
un bras conçu sur ordinateur, et la colonne se retrouve
affublée d’un mini écran de contrôle
grossi par loupe afin d’assurer la visée. La
voie royale du 7ème art lui est offerte en 1975 avec
le long métrage « Bound of Glory » de Al
Ashby : un plan séquence de quatre minutes dont le
commencement s‘effectue sur une grue Titan pour se finir
au milieu de 900 figurants. Suivront ensuite « Rocky
» et « Marathon Man » sur lesquels seront
corrigés les imperfections du système, avant
la commercialisation des tous premiers modèles de série.
« Shining » de Stanley Kubrick marquera ainsi
l’apogée artistique et l’explosion des
ventes de la machine. Suivront ainsi les modèles 1,
puis 2, puis 3 ( désormais considérés
comme des antiquités ) et enfin le fameux modèle
3A, qui signera l’âge d’or de Cinema Products
dans les années 80.
Un Emmy et un Award
technique viendront embellir le palmarès de l’inventeur
- opérateur Garrett Brown, qui prend toujours part
à l’élaboration de nouvelles machines
au sein de Cinema Products. Viendront ainsi les modèles
« Masters » dans les années 90 ( faisant
mention de bras purement iso-élastique ) et le tout
récent « Ultra Ciné », qui se retrouve
depuis 1997en concurrence avec un florilège de nouvelles
machines ( essentiellement du à la tombée dans
le domaine public du brevet principal protégeant le
bras de la Steadicam ). Garrett Brown ne fait désormais
que de rares prestations comme opérateur, et profite
de son temps libre sur son bateau, où il se consacre
à l’écriture d’un livre retraçant
sa vie.
La steadicam marque
un tournant indéniable dans l’histoire de la
narration cinématographique. Jamais une invention aura
autant fait évoluer le langage de l’expression
argentique, et peu de personne peuvent s’en vanter.
Alors encore un grand merci Mr Brown, pour nous avoir offert
ce merveilleux cadeau que représente une Steadicam.
Et un grand merci également a tous les intervenants
passionnés qui ont fais évoluer le système
vers ses lettres de noblesse ( George Paddock, Daniel Sauvé,
Markus Bernhardt, Gregg Bubb, Jerry Holway, Jean Marc Bringuier,
..…. et tellement d’autres…….. ).
Toutefois une machine
steadicam ne permet pas à elle seule de réaliser
une prise de vue correcte, le facteur humain devient alors
fondamental en ce qui concerne la manipulation et les réglages
du système. Car si une personne inexpérimentée
peut espérer réaliser un travelling correct
en dolly ( chariot de travelling ), il en serra tout autrement
pour une steadicam. Ici, l’expérience de l’opérateur
est déterminante au niveau de la prise de vue. Voilà
pourquoi il existe des grands Noms d’opérateurs
steadicam ( ou steadicamer ) : Ted Churchill, Jerry Hill ,
Valentin Monge, Patrick de Ranter, Elizabeth Ziegler, Carlos
Cabeceran, Nicolas Peccorini, Ricardo Brunner, Steve Campanelli,
Larry Mc Conkey, Jorge Agero ….. et bien d’autres
encore. Il faut dire qu’une vraie vogue s’est
installée autour de cette machine aux possibilités
incroyables.
2.
Les
divers produits du marché (arrêté à
août 2006)
On a vu apparaître
depuis 1997 une multitude de machines s’inspirant de
la steadicam originale. Cela est du à la chute dans
le domaine public du brevet principal protégeant la
steadicam (essentiellement les principes de fonctionnement
du bras ). Nous ferons donc ici un petit tour de l’environnement
commercial de la machine et de ses dérivés.
• Steadicam pour
caméra lourde :
- Steadicam «
III A » ( 1987 / 1994 ) de la marque Américaine
originale Cinema Products ( le modèle n’est plus
commercialisé ).
- Steadicam « Master » ( 1994 / 2001 ) de la marque
Américaine originale Cinema Products ( modèle
en fin de commercialisation ). Premier bras purement isoélastique.
Il existe plusieurs modèles dans la série Master
selon des options ( Master Film, Master Elite, Master EDTV,
Master Brodcast ).
- Steadicam « Ultra Ciné » ( 2001 / 2006
) de la marque Américaine originale Cinema Products
(distribué en France par « TIFFEN » le
distributeur officiel). Le bras de l’Ultra Ciné
reste une référence en terme d’isoélastisitée
pure et de résistance.
- Steadycam « PRO » ( 1997 / 2006 ) pour Professionnal
Radical Options, fabriquer par un ancien opérateur,
l’Américain George Paddock. Il apportera une
vision indéniablement plus rigoureuse et efficace au
système. Le Bras « PRO » étant considéré
comme une référence de par son fonctionnement
unique ( cartouche de ressorts en compression ), pratique
(on peut rapidements configurer la force du bras par un changement
rapide des cartouches du bras ), robuste ( le bras PRO reste
l’un des bras le plus robuste du marché ).
- Steadycam « Artemis » ( 2004 / 2006 ) fariqué
par Sachtler et qui s’inspire fortement du principe
des steadycam.
- Steadycam « Baer Bel » Il s’agit d’une
marque Allemande ( crée par un opérateur Markus
Bernhardt ) qui réalise des machines ultra personnalisées.
Entre autre, c’est lui qui réalisa la stead ultra
légère de l’opérateur Tillmann
Buttner pour le film plan-séquence « L’
Arche Russe ». A noter le tout nouveau bras «
Camtec » avec un fonctionnement en compression et un
système innovant de croix en étoile pour la
jonction des deux parallélogrammes. La colonne Camtec
est également prête.
- Steadycam « Action Cam » Il s’agit de
la marque Helvétique Action Products qui porpose un
système au fonctionnement original ( le bras fonctionne
sur des ressorts en torsion, le harnais est a suspension dorsale,
et la colonne possède un équilibrage exclusif
).
- Steadycam « Z1 » Il s’agit de la marque
Belge Fx Motion, qui propose un système steadycam complet.
- Steadycam « MKV » Il s’agit de la marque
Britannique MKV ( crée par un ancien opérateur
) qui customise à la demande les modèles Steadicam
et PRO.
- Glidecam « GOLD » La marque Glidecam propose
ce système qui s’inspire fortement du système
steadycam ( le bras comporte ici deux parallélogrammes
).
- Glidecam « V 20 » La marque Glidecam porpose
un système dérivé du steadycam ( le bras
ne comporte qu’un seul parallélogramme ).
- Fly Cam « BEM 900 » Il s’agit de la marque
Espagnole Fly Cam qui propose une sorte de système
steadycam rudimentaire complet.
- Steadycam « Eclipse » Il s’agit de la
marque Allemande MOVE ( Motion Operating Video & Film
Equipement ), qui propose un système steadycam complet.
- Colonne « Ultimatte » Il s’agit de la
marque Américaine XCS ( Xtended Camera System ) spécialisée
dans les colonnes steadycam ( le patron est Gregg Bubb ).
Issue d’une technologie militaire, l’électronique
de la colonne est l’une des plus performante du marché
( surtout en ce qui concerne l’alimentation électrique
par batterie ). La société est également
à l’origine de la création de l’écran
TB6, qui lui reste la référence absolue en terme
d’écran de contrôle.
- Colonne « RIG » Il s’agit de la marque
Allemande Chrosziel spécialisée dans les colonnes
steadycam.
- Colonne « Abracam » Il s’agit d’une
colonne fabriquée par le Français Philippe Bordelais
pour ses propres besoins.
- Bras « Air Système » Il s’agit
de la société Française Planing Caméra,
qui depuis 2004 commercialise un bras au fonctionnement s’inspirant
du bras PRO, sauf qu’ici il n’y a pas de ressort
mais des vérins à air.
- Harnais Dorsal « DSD » Il s’agit d’un
ancien opérateur Daniel Sauvé qui a spécialisée
son activité sur des harnais Steadicam très
haut de gamme sur mesure. Il est à l’origine
même du concept du harnais dorsal. Avantages : les forces
sont réparties différemment, la respiration
est beaucoup plus aisée, la fatigue moindre, le bras
de déport du harnais propose une latitude de réglage
importante.
• Steadicam pour caméra médium ( de 10
à 15 Kg ) :
- Steadicam «
Cliper » ( 2005 / 2006 ) de la marque Américaine
originale Cinema Products (distribué en France par
« TIFFEN » le distributeur officiel). Le système
Cliper G 70 est destiné aux caméras de plus
de 15 Kg, tandisque le système Cliper G 40 est plutôt
destiné à des caméras de 10 Kg.
- Steadicam « Provid 2 » ( 2002 / 2006 ) de la
marque Américaine originale Cinema Products (distribué
en France par « TIFFEN » le distributeur officiel).
Le système est destiné aux caméras allant
jusqu'à 15 Kg.
- Steadicam « Archer » ( 2005 / 2006 ) de la marque
Américaine originale Cinema Products (distribué
en France par « TIFFEN » le distributeur officiel).
Le système est destiné aux caméras allant
de 5 à 13 Kg.
- Steadicam « SK 2 » ( 2001 / 2006 ) de la marque
Américaine originale Cinema Products (distribué
en France par « TIFFEN » le distributeur officiel).
Le système est destiné aux caméras allant
jusqu'à 10 Kg.
- Steadycam « Artemis DV PRO» ( 2005 / 2006 )
fariquer par Sachtler.
- Glidecam « V 16 » La marque Glidecam propose
un système dérivé du steadycam ( le bras
ne comporte qu’un seul parallélogramme ).
- Glidecam « V 8 » La marque Glidecam porpose
un système dérivé du steadycam ( le bras
ne comporte qu’un seul parallélogramme ).
- Steadicam « ABC Products » ( 2003 / 2006 ) Il
s’agit d’une marque qui propose un système
steadycam complet.
- Fly Cam « BEM 60 » (2004/2006) fabriqué
par l’entreprise réalisant les produits Fly
Cam. Système destiné aux caméras inférieures
à 10 Kg.
- « Hoolywood Cam » ( 2001 / 2006 ) Il s’agit
d’une marque qui propose un système steadycam
complet. Différents modèles disponibles dont
le Hollywood Super Pro pour des caméras allant jusqu’à
10 Kg.
• Steadicam pour caméra légère
:
- Steadicam «
Flyer » ( 2006 / 2006 ) de la marque Américaine
originale Cinema Products (distribué en France par
« TIFFEN » le distributeur officiel). Le système
est destiné aux caméras allant jusqu'à
8 Kg.
- Steadicam « Mini » ( 1998 / 2006 ) de la marque
Américaine originale Cinema Products (distribué
en France par « TIFFEN » le distributeur officiel).
Le système est destiné aux caméras allant
jusqu'à 5 Kg.
- Steadicam « Junior » ( 1995 / 2006 ) de la marque
Américaine originale Cinema Products (distribué
en France par « TIFFEN » le distributeur officiel).
Le système est destiné aux caméras allant
jusqu'à 3 Kg.
- Glidecam « 4000 pro + bras + harnais » La marque
Glidecam porpose un système dérivé du
steadycam ( le bras ne comporte qu’un seul parallélogramme
et est destiné à des caméras d’un
poids inférieur à 6 Kg ).
- Glidecam « 2000 pro + bras + harnais » La marque
Glidecam porpose un système dérivé du
steadycam ( le bras ne comporte qu’un seul parallélogramme
et est destiné à des caméras d’un
poids inférieur à 4 Kg ).
- Steadycam « Basson » ( 2003 / 2006 ) fariqué
par une petite entreprise Espagnole pour des caméras
inférieures à 7 Kg. Différents modèles
disponibles dont les Basson Steadycam 800, 600, et 500.
Cela donne déjà
une idée du marché et de l’offre produits.
La plupart de ces systèmes sont des systèmes
destinés aux professionnels et sont donc du même
coup hors de prix ( on peut facilement dépasser les
50 000 Euros d’équipements pour un système
complet ). Voilà pourquoi à Bignoz nous vous proposons
une alternative : on vous donne les clefs pour vous la
construire vous même.
3.
Les principes techniques de base.
Une invention
toute en équilibre:
Cette géniale
invention pourrait se résumer en un seul mot : «
Equilibre ». Car se système corporel est destiné
à isoler une caméra des mouvements engendrés
par le déplacement de l’opérateur.
Une steadicam se constitue
de trois parties bien distinctes : la colonne - le bras -
le harnais.
- La colonne
: supporte divers types de caméras. Elle est constituée
d’une poignée-cardan réglable( gimbal
), qui permet à la colonne de s’équilibrer
et de pivoter tout autour de cette dernière. L’ensemble
écran – batterie situé à l’opposé
de la caméra se substitut à des contre-poids.
- Le bras :
il s’agit en fait d’une iso-structure rigide portée
sur roulements, qui utilise des ressorts comme moyen de suspension
( que se soit en tension comme en pression ). Le bras s’articule
autour de l’opérateur, lui permettant la maîtrise
de la colonne dont il lui substitut le poids.
- Le Harnais
: Ergonomique et enveloppant, il répartit
le poids de la colonne transmis par le bras sur le haut du
corps de l’opérateur ( que se soit un harnais
ventral ou dorsal ).
Rappelons que ce n’est
pas le bras en lui même qui stabilise à proprement
parler la colonne. La fluidité des trajectoires obtenue
est surtout la conséquence de l’équilibre
spatial présent au niveau de la poignée cardan.
Le bras sert principalement à l’amortissement
des mouvements que provoque le corps de l’opérateur,
cela par le fait qu’il engendre une force proportionnellement
opposée au poids que représente le couple colonne
– caméra. Le Steadicamer, ayant la possibilité
de se concentrer uniquement sur le cadrage et la trajectoire
caméra, peut ainsi exploiter aisément la totalité
des possibilités qu’offre le système.
En ce qui concerne l’équilibre spatial du gimbal
( poignée cardan de la colonne ), il faut savoir qu’avant
toutes utilisation du système, il faut réaliser
un équilibrage.
Deux sortes
d’équilibres existent :
- Equilibre
Statique : placement du gimbal proche du centre de
gravité de la colonne et positionnement de la caméra
sur sa plaque d’attache ( réglage X – Y
). L’équilibre statique comme il l’indique
par son appellation, se réalise au repos.
- Equilibre
Dynamique : dans cette notion d’équilibrage
( la plus complexe ), on inclura les notions de masses et
de répartitions des masses autour de la poignée
cardan. Il existe donc des obligations de positionnements
par rapport à la masse de chaque unité ( batterie
– écran – caméra - …. ). Cet
équilibre permet de conserver la verticalité
de la colonne même lors de mouvements brusques, permettant
ainsi à l’opérateur de manipuler le système
sans craindre de le déstabiliser par ses propres manipulations.
Voilà, désormais vous savez
tout, il ne vous reste plus qu'à vous bricoler la steadycam
la plus appropriée à vos besoins !
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