STEADYCAMS ET BRICOLAGES - INTRODUCTION

 

1. Historique : la steadycam, une invention révolutionnaire.

2. Les différents produits du marché (arrêté à août 2006).

3. Les principes techniques de base.

 

 


1. Historique : la steadycam, une invention révolutionnaire.

 

Légère comme la caresse d’une brise, et aussi fluide que la pluie sur une feuille de nénuphar, ….
Quel passionné d’image n’a pas rêver au moins une fois dans sa vie d’avoir de telles possibilités a appliquer à une caméra. Inenvisageable il y a moins de trente ans (poids des caméras d’époque oblige !), les années 70 seront le début d’une ère nouvelle : la venue d’une extraordinaire invention signe l’apogée fusionnelle entre l’homme et la machine, « la STEADICAM ». Symbole absolu de la soumission d’une machine au désir de puissance de l’homme, l’humanomécanique système se révèle également dans sa grande douceur. Puissance ( on peut porter des caméras de plus de 20 Kg … et voir même jusqu'à la caméra I Max de plus de 40 Kg ), fluidité ( des résultats images incroyablement stables ), polyvalence ( jamais un système n’aura été aussi malléable à des conditions diverses de tournage ), ….sont les piliers fonctionnels de cet hallucinant système. Jamais une machine n’aura autant enrichi le 7ème art dans son langage dynamique et scénaristique. Même les plus grands se sont vite laissés envoûter par les chants mélodieux d’une stabilité reine.

La naissance d’une incroyable machine :

Quel éclat de génie a bien pu illuminer l’esprit d’un Américain un beau jour de l’année 1972 ? Dans un premier temps chanteur de Folk, puis technicien publicitaire, Garrett Brown fonde au début des seventies sa propre maison de production. Et c’est sur une demande de film publicitaire nécessitant un travelling sur deux étages que Garrett Brown met au point un prototype de machine : le « Brown’s Stabiliser ». Une sorte de bras de grue horizontal articulé et porté à la main.

Le système comporte une visée à fibre optique pour le cadrage. Garrett Brown peut ainsi mettre en pratique les premier principes d’équilibre d’une caméra légère portée. Toutefois un constat devient récurant : le poids du système, qui, porté à bout de bras devient un véritable problème. Convaincu du bien fondé de son idée, Garrett Brown continue le développement de sa machine. Plusieurs semaines d’isolement dans un motel plus tard et un bras de lampe d’architecte comme référence, le font accoucher d’une idée neuve : un bras articulé sur ressort. Ce dernier permettra de faire le lien entre un harnais et un manche équilibré porteur de la caméra ( qui prend pour l’occasion un positionnement vertical ). Il fait donc fabriquer deux mois plus tard un nouveau prototype, par un ami machiniste à la retraite. Un test en catimini sur un golf et une projection chez Deluxe ( où tout le monde resta ébahi devant des rushes époustouflant ), lui font signer instantanément un accord de développement de la machine. Ed Di Giulio ( patron de la firme Cinema Products ) saute ainsi immédiatement sur l’occasion.

Après un an de développement, le premier prototype est expérimenté sur des spots publicitaires. Désormais baptisée « Steadicam », la nouvelle machine possède un bras conçu sur ordinateur, et la colonne se retrouve affublée d’un mini écran de contrôle grossi par loupe afin d’assurer la visée. La voie royale du 7ème art lui est offerte en 1975 avec le long métrage « Bound of Glory » de Al Ashby : un plan séquence de quatre minutes dont le commencement s‘effectue sur une grue Titan pour se finir au milieu de 900 figurants. Suivront ensuite « Rocky » et « Marathon Man » sur lesquels seront corrigés les imperfections du système, avant la commercialisation des tous premiers modèles de série. « Shining » de Stanley Kubrick marquera ainsi l’apogée artistique et l’explosion des ventes de la machine. Suivront ainsi les modèles 1, puis 2, puis 3 ( désormais considérés comme des antiquités ) et enfin le fameux modèle 3A, qui signera l’âge d’or de Cinema Products dans les années 80.

Un Emmy et un Award technique viendront embellir le palmarès de l’inventeur - opérateur Garrett Brown, qui prend toujours part à l’élaboration de nouvelles machines au sein de Cinema Products. Viendront ainsi les modèles « Masters » dans les années 90 ( faisant mention de bras purement iso-élastique ) et le tout récent « Ultra Ciné », qui se retrouve depuis 1997en concurrence avec un florilège de nouvelles machines ( essentiellement du à la tombée dans le domaine public du brevet principal protégeant le bras de la Steadicam ). Garrett Brown ne fait désormais que de rares prestations comme opérateur, et profite de son temps libre sur son bateau, où il se consacre à l’écriture d’un livre retraçant sa vie.

La steadicam marque un tournant indéniable dans l’histoire de la narration cinématographique. Jamais une invention aura autant fait évoluer le langage de l’expression argentique, et peu de personne peuvent s’en vanter. Alors encore un grand merci Mr Brown, pour nous avoir offert ce merveilleux cadeau que représente une Steadicam. Et un grand merci également a tous les intervenants passionnés qui ont fais évoluer le système vers ses lettres de noblesse ( George Paddock, Daniel Sauvé, Markus Bernhardt, Gregg Bubb, Jerry Holway, Jean Marc Bringuier, ..…. et tellement d’autres…….. ).

Toutefois une machine steadicam ne permet pas à elle seule de réaliser une prise de vue correcte, le facteur humain devient alors fondamental en ce qui concerne la manipulation et les réglages du système. Car si une personne inexpérimentée peut espérer réaliser un travelling correct en dolly ( chariot de travelling ), il en serra tout autrement pour une steadicam. Ici, l’expérience de l’opérateur est déterminante au niveau de la prise de vue. Voilà pourquoi il existe des grands Noms d’opérateurs steadicam ( ou steadicamer ) : Ted Churchill, Jerry Hill , Valentin Monge, Patrick de Ranter, Elizabeth Ziegler, Carlos Cabeceran, Nicolas Peccorini, Ricardo Brunner, Steve Campanelli, Larry Mc Conkey, Jorge Agero ….. et bien d’autres encore. Il faut dire qu’une vraie vogue s’est installée autour de cette machine aux possibilités incroyables.

 


2. Les divers produits du marché (arrêté à août 2006)

 

On a vu apparaître depuis 1997 une multitude de machines s’inspirant de la steadicam originale. Cela est du à la chute dans le domaine public du brevet principal protégeant la steadicam (essentiellement les principes de fonctionnement du bras ). Nous ferons donc ici un petit tour de l’environnement commercial de la machine et de ses dérivés.

• Steadicam pour caméra lourde :

- Steadicam « III A » ( 1987 / 1994 ) de la marque Américaine originale Cinema Products ( le modèle n’est plus commercialisé ).
- Steadicam « Master » ( 1994 / 2001 ) de la marque Américaine originale Cinema Products ( modèle en fin de commercialisation ). Premier bras purement isoélastique. Il existe plusieurs modèles dans la série Master selon des options ( Master Film, Master Elite, Master EDTV, Master Brodcast ).
- Steadicam « Ultra Ciné » ( 2001 / 2006 ) de la marque Américaine originale Cinema Products (distribué en France par « TIFFEN » le distributeur officiel). Le bras de l’Ultra Ciné reste une référence en terme d’isoélastisitée pure et de résistance.
- Steadycam « PRO » ( 1997 / 2006 ) pour Professionnal Radical Options, fabriquer par un ancien opérateur, l’Américain George Paddock. Il apportera une vision indéniablement plus rigoureuse et efficace au système. Le Bras « PRO » étant considéré comme une référence de par son fonctionnement unique ( cartouche de ressorts en compression ), pratique (on peut rapidements configurer la force du bras par un changement rapide des cartouches du bras ), robuste ( le bras PRO reste l’un des bras le plus robuste du marché ).
- Steadycam « Artemis » ( 2004 / 2006 ) fariqué par Sachtler et qui s’inspire fortement du principe des steadycam.
- Steadycam « Baer Bel » Il s’agit d’une marque Allemande ( crée par un opérateur Markus Bernhardt ) qui réalise des machines ultra personnalisées. Entre autre, c’est lui qui réalisa la stead ultra légère de l’opérateur Tillmann Buttner pour le film plan-séquence « L’ Arche Russe ». A noter le tout nouveau bras « Camtec » avec un fonctionnement en compression et un système innovant de croix en étoile pour la jonction des deux parallélogrammes. La colonne Camtec est également prête.
- Steadycam « Action Cam » Il s’agit de la marque Helvétique Action Products qui porpose un système au fonctionnement original ( le bras fonctionne sur des ressorts en torsion, le harnais est a suspension dorsale, et la colonne possède un équilibrage exclusif ).
- Steadycam « Z1 » Il s’agit de la marque Belge Fx Motion, qui propose un système steadycam complet.
- Steadycam « MKV » Il s’agit de la marque Britannique MKV ( crée par un ancien opérateur ) qui customise à la demande les modèles Steadicam et PRO.
- Glidecam « GOLD » La marque Glidecam propose ce système qui s’inspire fortement du système steadycam ( le bras comporte ici deux parallélogrammes ).
- Glidecam « V 20 » La marque Glidecam porpose un système dérivé du steadycam ( le bras ne comporte qu’un seul parallélogramme ).
- Fly Cam « BEM 900 » Il s’agit de la marque Espagnole Fly Cam qui propose une sorte de système steadycam rudimentaire complet.
- Steadycam « Eclipse » Il s’agit de la marque Allemande MOVE ( Motion Operating Video & Film Equipement ), qui propose un système steadycam complet.
- Colonne « Ultimatte » Il s’agit de la marque Américaine XCS ( Xtended Camera System ) spécialisée dans les colonnes steadycam ( le patron est Gregg Bubb ). Issue d’une technologie militaire, l’électronique de la colonne est l’une des plus performante du marché ( surtout en ce qui concerne l’alimentation électrique par batterie ). La société est également à l’origine de la création de l’écran TB6, qui lui reste la référence absolue en terme d’écran de contrôle.
- Colonne « RIG » Il s’agit de la marque Allemande Chrosziel spécialisée dans les colonnes steadycam.
- Colonne « Abracam » Il s’agit d’une colonne fabriquée par le Français Philippe Bordelais pour ses propres besoins.
- Bras « Air Système » Il s’agit de la société Française Planing Caméra, qui depuis 2004 commercialise un bras au fonctionnement s’inspirant du bras PRO, sauf qu’ici il n’y a pas de ressort mais des vérins à air.
- Harnais Dorsal « DSD » Il s’agit d’un ancien opérateur Daniel Sauvé qui a spécialisée son activité sur des harnais Steadicam très haut de gamme sur mesure. Il est à l’origine même du concept du harnais dorsal. Avantages : les forces sont réparties différemment, la respiration est beaucoup plus aisée, la fatigue moindre, le bras de déport du harnais propose une latitude de réglage importante.


• Steadicam pour caméra médium ( de 10 à 15 Kg ) :

- Steadicam « Cliper » ( 2005 / 2006 ) de la marque Américaine originale Cinema Products (distribué en France par « TIFFEN » le distributeur officiel). Le système Cliper G 70 est destiné aux caméras de plus de 15 Kg, tandisque le système Cliper G 40 est plutôt destiné à des caméras de 10 Kg.
- Steadicam « Provid 2 » ( 2002 / 2006 ) de la marque Américaine originale Cinema Products (distribué en France par « TIFFEN » le distributeur officiel). Le système est destiné aux caméras allant jusqu'à 15 Kg.
- Steadicam « Archer » ( 2005 / 2006 ) de la marque Américaine originale Cinema Products (distribué en France par « TIFFEN » le distributeur officiel). Le système est destiné aux caméras allant de 5 à 13 Kg.
- Steadicam « SK 2 » ( 2001 / 2006 ) de la marque Américaine originale Cinema Products (distribué en France par « TIFFEN » le distributeur officiel). Le système est destiné aux caméras allant jusqu'à 10 Kg.
- Steadycam « Artemis DV PRO» ( 2005 / 2006 ) fariquer par Sachtler.
- Glidecam « V 16 » La marque Glidecam propose un système dérivé du steadycam ( le bras ne comporte qu’un seul parallélogramme ).
- Glidecam « V 8 » La marque Glidecam porpose un système dérivé du steadycam ( le bras ne comporte qu’un seul parallélogramme ).
- Steadicam « ABC Products » ( 2003 / 2006 ) Il s’agit d’une marque qui propose un système steadycam complet.
- Fly Cam « BEM 60 » (2004/2006) fabriqué par l’entreprise réalisant les produits Fly Cam. Système destiné aux caméras inférieures à 10 Kg.
- « Hoolywood Cam » ( 2001 / 2006 ) Il s’agit d’une marque qui propose un système steadycam complet. Différents modèles disponibles dont le Hollywood Super Pro pour des caméras allant jusqu’à 10 Kg.


• Steadicam pour caméra légère :

- Steadicam « Flyer » ( 2006 / 2006 ) de la marque Américaine originale Cinema Products (distribué en France par « TIFFEN » le distributeur officiel). Le système est destiné aux caméras allant jusqu'à 8 Kg.
- Steadicam « Mini » ( 1998 / 2006 ) de la marque Américaine originale Cinema Products (distribué en France par « TIFFEN » le distributeur officiel). Le système est destiné aux caméras allant jusqu'à 5 Kg.
- Steadicam « Junior » ( 1995 / 2006 ) de la marque Américaine originale Cinema Products (distribué en France par « TIFFEN » le distributeur officiel). Le système est destiné aux caméras allant jusqu'à 3 Kg.
- Glidecam « 4000 pro + bras + harnais » La marque Glidecam porpose un système dérivé du steadycam ( le bras ne comporte qu’un seul parallélogramme et est destiné à des caméras d’un poids inférieur à 6 Kg ).
- Glidecam « 2000 pro + bras + harnais » La marque Glidecam porpose un système dérivé du steadycam ( le bras ne comporte qu’un seul parallélogramme et est destiné à des caméras d’un poids inférieur à 4 Kg ).
- Steadycam « Basson » ( 2003 / 2006 ) fariqué par une petite entreprise Espagnole pour des caméras inférieures à 7 Kg. Différents modèles disponibles dont les Basson Steadycam 800, 600, et 500.

Cela donne déjà une idée du marché et de l’offre produits. La plupart de ces systèmes sont des systèmes destinés aux professionnels et sont donc du même coup hors de prix ( on peut facilement dépasser les 50 000 Euros d’équipements pour un système complet ). Voilà pourquoi à Bignoz nous vous proposons une alternative : on vous donne les clefs pour vous la construire vous même.


3. Les principes techniques de base.

 

Une invention toute en équilibre:

Cette géniale invention pourrait se résumer en un seul mot : « Equilibre ». Car se système corporel est destiné à isoler une caméra des mouvements engendrés par le déplacement de l’opérateur.

Une steadicam se constitue de trois parties bien distinctes : la colonne - le bras - le harnais.

- La colonne : supporte divers types de caméras. Elle est constituée d’une poignée-cardan réglable( gimbal ), qui permet à la colonne de s’équilibrer et de pivoter tout autour de cette dernière. L’ensemble écran – batterie situé à l’opposé de la caméra se substitut à des contre-poids.

- Le bras : il s’agit en fait d’une iso-structure rigide portée sur roulements, qui utilise des ressorts comme moyen de suspension ( que se soit en tension comme en pression ). Le bras s’articule autour de l’opérateur, lui permettant la maîtrise de la colonne dont il lui substitut le poids.

- Le Harnais : Ergonomique et enveloppant, il répartit le poids de la colonne transmis par le bras sur le haut du corps de l’opérateur ( que se soit un harnais ventral ou dorsal ).

Rappelons que ce n’est pas le bras en lui même qui stabilise à proprement parler la colonne. La fluidité des trajectoires obtenue est surtout la conséquence de l’équilibre spatial présent au niveau de la poignée cardan. Le bras sert principalement à l’amortissement des mouvements que provoque le corps de l’opérateur, cela par le fait qu’il engendre une force proportionnellement opposée au poids que représente le couple colonne – caméra. Le Steadicamer, ayant la possibilité de se concentrer uniquement sur le cadrage et la trajectoire caméra, peut ainsi exploiter aisément la totalité des possibilités qu’offre le système.
En ce qui concerne l’équilibre spatial du gimbal ( poignée cardan de la colonne ), il faut savoir qu’avant toutes utilisation du système, il faut réaliser un équilibrage.

Deux sortes d’équilibres existent :

- Equilibre Statique : placement du gimbal proche du centre de gravité de la colonne et positionnement de la caméra sur sa plaque d’attache ( réglage X – Y ). L’équilibre statique comme il l’indique par son appellation, se réalise au repos.

- Equilibre Dynamique : dans cette notion d’équilibrage ( la plus complexe ), on inclura les notions de masses et de répartitions des masses autour de la poignée cardan. Il existe donc des obligations de positionnements par rapport à la masse de chaque unité ( batterie – écran – caméra - …. ). Cet équilibre permet de conserver la verticalité de la colonne même lors de mouvements brusques, permettant ainsi à l’opérateur de manipuler le système sans craindre de le déstabiliser par ses propres manipulations.

Voilà, désormais vous savez tout, il ne vous reste plus qu'à vous bricoler la steadycam la plus appropriée à vos besoins !

 

 
 

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