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Les couleurs et leur histoire : le blanc

Évoquant la pureté et l’innocence, le blanc est aussi une des couleurs les plus représentées dans le monde, et ce, jusque dans notre vocabulaire.

En Europe, en Asie ou en Afrique, le blanc est depuis la nuit des temps symbole de pureté, d’innocence et de propreté. Pas étonnant qu’il soit si usité, mais au-delà de cette symbolique, il porte aussi en lui une dualité : il représente la vie, la lumière, la naissance, mais aussi la vieillesse, la mort et l’au-delà.

Le blanc comme symbole de pureté

Blanc, c’est immaculé ; il n’y a qu’à observer un paysage enneigé : les reliefs sont comme « absorbés » par la blancheur, les éléments ont du mal à se distinguer. D’où une idée de pureté et de virginité.

On en veut pour exemple flagrant qu’avant le XVIIIe, les jeunes filles qui se mariaient était souvent habillées de rouge, évoquant ainsi la passion et l’amour. Les dogmes de la chrétienté prenant de plus en plus de place dans la société, il devint peu à peu inconcevable qu’une fille à marier ne soit pas vierge… La robe blanche fut donc imposée comme une évidence ! Et ce n’est que très récemment que les femmes ont osé porter une autre couleur le jour de leurs noces.

De même, associé à la pureté, le blanc est symbole de propreté ; pour la raison simple qu’avant l’arrivée de nos lave-linge modernes, les femmes faisaient la lessive au lavoir, sauf pour les étoffes « intimes » qui, ayant un traitement de faveur en matière de nettoyage, étaient bouillies. Ainsi, draps, sous-vêtements, chemises étaient souvent blanches… Les autres couleurs ayant tendance à se ternir après avoir subi une température supérieure à 100%…

Plus récemment, on se souvient des publicités pour des lessives qui, à grand renforts des médias, nous vantaient une propreté extrême en lavant « plus blanc que blanc » !

Et encore maintenant, dans des lieux où l’hygiène est impérative comme les hôpitaux ou les cuisines, on peut constater que les blouses, tabliers, chaussures et toques de chef sont généralement blancs.

Le blanc comme symbole de l’origine

La lumière étant blanche avant de devenir bleutée, on peut se demander à quel point la religion n’a pas contribué à renforcer cette notion de pureté en faisant représenter des tableaux où la présence divine est toujours représentée avec un trait de lumière blanche ou un éclairage pâle, tout au moins…

Et le big bang… cette implosion qui créa l’univers : blanc, toujours blanc ! Et il s’agit bien de l’origine du monde, de la lumière première…

Enfin, on jugera aussi de l’importance du blanc chez les nouveaux-nés, à l’origine de leur vie, donc, qui longtemps furent habillés de blanc, puis de rose pâle ou de bleu pâle… Fait qui perdure encore de nos jours, il n’y a qu’à voir le pourcentage de layettes blanches ou tendant vers le blanc dans les magasins spécialisés en puériculture.

Le blanc comme symbole de l’au-delà

Mais l’extrême inverse de la vie est aussi blanc, et assure en cela un cycle immuable !

 

  • En vieillissant, les cheveux et les barbes blanchissent, le teint devient blanc lui aussi…
  • Les morts à la peau blanchie par l’absence de circulation du sang reposent dans un linceul blanc,
  • et les fantômes sont toujours représentés par un drap blanc avec deux trous noirs pour les yeux seulement !
  • Si en Europe, la couleur adoptée le plus couramment pour le deuil est le noir, en Asie et en Afrique, le blanc reste la couleur la plus appropriée pour symboliser la mort…

Il est intéressant aussi de constater que le froid est blanc, associé sans doute à la neige et au décès…

Une évolution de la place du blanc dans la société

Cette couleur, une des premières utilisées avec le rouge (on en trouve des traces dans des peintures rupestres dès le paléolithique) car facile à fabriquer – avec de la craie, de la chaux naturelle, la sève de certaines plantes -, a cependant subi une évolution sociale au fil des époques et des civilisations :

  • On se souvient qu’aux XVIIe et XVIIIe siècles, les gens des hautes classes sociales se poudraient en blanc pour se dissocier de ceux qui travaillaient aux champs et qui avaient donc un teint hâlé.
  • Plus tard, avec l’avènement de l’industrie au XIXe siècle, la tendance s’inversa radicalement : les ouvriers travaillant en usine ayant donc à leur tour le teint pâle, il était alors de bon ton pour les plus aisés d’afficher un visage bronzé.
  • Et à l’heure où les questions d’environnement et de santé deviennent au coeur des débats de société, on revient à une « mode » du teint pâle, car être bronzé signifie ne pas faire attention à sa santé sous peine de s’exposer à de graves dangers…

L’omniprésence du blanc dans le langage

Si l’on a pu penser parfois que le blanc n’était pas une couleur, le langage nous a prouvé l’inverse. Omniprésent, comme un symbole de sa stabilité (stabilité du blanc que l’on retrouve aussi dans sa fabrication, le blanc étant en effet une des couleurs les plus facile à fixer sur la matière), on constate aussi qu’il évoque le manque, l’absence. On parle ainsi de :

  • la page blanche,
  • un chèque en blanc,
  • les nuits blanches,
  • une toux blanche,
  • tirer à blanc,
  • ou encore : avoir un blanc.

Lecture sur les couleurs

Le petit livre des couleurs, Michel Pastoureau et Dominique Simonnet, Point Poche.

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